Les Grisons
9h30 je reprends la route pour finir l'ascension. Le temps est beau, l'air est frais. Mon GPS indique encore 450m de montée. En fait ce sera moins, car sensible aux variations de la pression atmosphérique, il indique ce matin une altitude de 100m inférieure à la réalité. J'arrive donc plus vite que prévu, ce qui ne m'empêche pas d'admirer les paysages et de voir le nuage de pollution plus bas dans la vallée.
Après une petite bosse, c'est le col (2066m) avec son lac, son auberge, ses marais... Il y a peu de monde. Les vaches déambulent, aux milieux de nombreux tertres plus ou moins haut, bâtis par les gens de passage. "A gauche Sahib, à gauche!". Le Capitaine Haddock ne saurait où donner de la tête.
Nous sommes sur la ligne de partage des eaux entre la mer du nord et la méditerranée. L'auberge ne s'y trompe pas. C'est écrit en italien sur la face sud et en allemand sur la face nord.
50km de descente. Je suis le cours d'un ruisseau qui quelques km plus bas contribue à la naissance du Rhin postérieur, l'un des deux bras principaux du fleuve. Je pense au barrage de régulation dressé à l'embouchure du fleuve après Rotterdam, aux plaques posées sur un pilier du barrage par les chefs d’Etat de Gouvernements des pays traversés par le Rhin, lors de son inauguration. Nous l'avions visité il y a quelques années.
Bientôt arrivent les gorges du Rhin. Je comprends mieux ce que je lisais la veille à propos de la difficulté de cette voie romaine. Le col n'était pas la principale. Il fallait réussir à franchir les gorges du Rhin. Un étroit défilé de 300m de profondeur de 10m de large par endroits avec des falaises à pique. Au fil des siècles les hommes ont multiplié les travaux d'aménagement. Par moments à vélo on emprunte les anciennes routes tandis que les voitures traversent de longs tunnels. Ailleurs, on peut apercevoir les anciens sentiers, mis en valeur pour les touristes.
La descente continue agréablement, ponctuée par de nombreux points de vue et plusieurs haltes. Notamment dans un virage où un improbable barbecue propose aux voyageurs ses truites grillées.
Plus bas dans la vallée, les cultures reviennent dont des champs entiers de fraisiers en fleur.
J'arrive à Coire (Chur en allemand), la capitale des Grisons. Ce canton se déploie sur les deux versants des alpes. Y cohabitent l'italien, le romanche et l'allemand. C'est une ville carrefour ((encore une) où sans vouloir être caritural, on est frappé par le nombre d'établissements bancaires en centre-ville. C'est là que je fais halte dans un hôtel traditionnel en cœur de ville.
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