De la mer à la montagne 9 août

Ce matin je pars de la Bordighera, une station balnéaire de la Riviera italienne à quelques pas de Vintimille. La mer, la plage de galets, la promenade avec ses bars et restaurants, la voie ferrée, une rangée d'immeubles, la rue principale toujours embouteillée, puis une autre rangée d'immeubles...Tout cela sur une distance d'à peine 200m, des voies parallèles. En maillot de bain sur la plage, on doit être habillé dès la voie ferrée traversée, comme le rappelle les murs de mon hôtel. On se croirait directement sorti des années 60. Je ne serai pas surpris d'y rencontrer Mastroianni ou Catherine Deneuve.
Le trafic vers la France est chargé. Je suis sur la petite corniche, la route du bord de mer. Elle épouse les reliefs de la côte, les côtes sont nombreuses. Au fur et à mesure de ma progression je croise de plus en plus en de groupes de 3 ou 4 jeunes noirs qui sans doute, cherchent à passer la frontière. Je la franchis pour ma part vers 10h30, sans souci,

Mais je note une forte présence d'escadrons de CRS. C'est aujourd'hui qu'est prononcé le verdict dans le procès de Cedric Herrou, ce militant qui accompagne les migrants.
Mon séjour en France sera de courte durée. Rapidement je pénètre en effet, dans la principauté de Monaco. Sur des terrains escarpés, pas un m² n'est négligé. Tout est construit, les pentes sont raides. Des ascenseurs sont à notre disposition pour joindre deux rues parallèles. Tout est construit.

De hauts immeubles(style la Défense) voisinent avec des villas fin 19eme. Une grande partie des voies de communication et des espaces logistiques sont enfouis dans le sol. L'avantage, c'est qu'en quelques minutes, vous pouvez faire le tour du territoire: stade, port, yachts, casino, Palais, j'ai tout vu...Après le Vatican, il y a deux jours, c'est donc un nouveau pays que je visite. J'ai même pris le temps d'y boire un verre sur le port.
Sur l'heure de midi, je fais halte à quelques km de Nice dans un snack bien ombragé le long de la route. Les rafraîchissements et le "pan bagna" sont les bienvenus. A l'entrée de Nice, je fais le plein d'eau à une fontaine offerte en 1896 par la Reine Victoria et la société protectrice des animaux...Elle devait penser aux chevaux, sinon aux cyclistes.

Nice, la promenade des anglais, ses calicots accrochés aux fenêtres "I love Nice". Elle été complètement rénovée. l'accès à la promenade est sécurisé, une belle piste cyclable la parcourt tout du long. Il y a du monde, mais la plage reste accessible.

J'hésite même à m'arrêter prendre un dernier bain de mer, d'autant que des douches sont sur la plage. Mais que faire de mon vélo? Mes sacoches pourraient rapidement devenir des colis suspects. Je renonce donc et suit la route jusqu'à l'aéroport, puis tourne à droite à l'embouchure du Var pour partir vers le nord.
Comme d'habitude, la sortie de l'agglomération se fait au travers de longues zones artisanales, industrielles et commerciales pas très agréables. Mais pour finir, je rejoints une belle piste cyclable aménagée le long du Var. Un espace dédié, large, avec des points d'eau, une bande roulante bien faite...C'est suffisamment rare pour le souligner. C'est autre chose qu'un coup de peinture sur un trottoir, ou un revêtement bas de gamme. Félicitations au Département des Alpes Maritimes.
La montée vers les Alpes se fait à un rythme régulier, ponctuée de pauses boissons, il fait encore 37°C. Vers 17h00, la route commence à monter sérieusement. j'ai quitté la vallée du Var pour suivre maintenant la Tinée.

Je pose mes valise au Pont de Clans dans une petite auberge le long d'un ancien lacet de la route. Ma chambre fait penser à la photo de Willy Ronis prise pas loin d'ici à St Paul de Vence. Il n'y manque qu'un détail...(à vous de trouver).
Le dîner, un plat unique est proposé: un tournedos accompagné de courgettes à l'ail, issues d'un village de la montagne me dit l'aubergiste.
Demain, direction la Cayolle.(c'est ce que je crois encore)

/image%2F0062196%2F201207%2Fob_90fddbe0423f7be073b3abf8d4764bb9_velo-au-col.jpg)