24 Juillet embarquement pour Patras
Bon plan que l'hôtel à quelques pas du port. En moins de 5mn à 4h du matin je descends de la ville endormie pour pénétrer dans un espace en pleine activité, l'embarcadère. Bon plan aussi le vélo, je vais plus vite que les piétons et je dépasse les autos. En quelques minutes, je récupère le billet, rejoint le bateau, dépose mon vélo aux côtés des camions et rejoint ma cabine, 2 heures avant le départ. Je me recouche et termine ma nuit.
6h00, je monte sur le pont pour assister au départ et là surprise je découvre ce qui pourrait s'apparenter à"l'exode" sur le bateau de "la croisière s'amuse", on dirait un camp de réfugiés .
D'un côté, des espaces de vie d'un faux luxe, proposant restaurants, bars, salle de spectacle, casino, boîte de nuit, fitness, magasins. De l'autre, partout, dans les couloirs, les montées d'escaliers, les paliers,sur le pont, des gens s'installent, plantent leur tente, gonflent leur matelas, bornent leur territoire. C'est à qui aura la meilleure place.Les plus expérimentés sortent aussi les glacières qui leur permettront d'échapper aux prix monopolistiques pratiqués par Minoan Lines.
En fait, le ferry propose trois grandes catégories de place: les cabines et leurs différents degrés de conforts, les sièges avions où l'on pourrait se croire dans un Boeing 747,et les places dites sur le pont, les moins chers. C'est que l'on retrouve des jeunes européens et beaucoup de familles émigrées retournant au Pays, des turcs essentiellement.
Un cheminot avec qui je partage ma cabine, ingénieur maintenance sur les TGV, ayant des origines, grecques italiennes et françaises, m'explique que depuis quelques années, une autoroute européenne relie le nord-ouest de l'Europe à Istambul. Elle passe par Ancone et continue à Igoumenitsa, deux escales de notre voyage,, ce qui explique l'affluence en cette période de l'année.
Une heure après notre départ, j'assiste à un drôle de manège. En fait les meilleures places sur le pont ne sont pas celles que l'on croit. On reconnaît l'expérience de ceux qui savent qu'un bateau en mouvement est pour les passagers générateur de vent, qui peut être violent parfois. Les meilleures sont celles qui sont abritées. J'assiste donc à une vaste opération de migration. Une heure plus tard,nouveau mouvement de foule au moment où les membres de l'équipage mettent à disposition les chaises longues.Qui en récupère une gagne un lit.
Ensuite progressivement, la vie s'organise et le voyage sur le pont prend des allures de kermesse tandis que dans les étages, les divers restaurants et bars restent vides ou presque. A regarder tout cela on a le sentiment d'un décalage entre l'organisation du bateau et les comportements, les besoins d'une grande partie des passagers.
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