14 juillet le ferry
Déplacez à droite ou à gauche pour voir les autres photos
Je suis comme Amélie Poulain, sauf que moi je trimballe un vélo plutôt qu'un nain. Ce peut être utile pour se déplacer. 13h30 je suis au comptoir de la compagnie maritime pour y retirer mon billet.
Le port d'Ancône fait plusieurs kilomètres de long. Sans doute pour nous permettre de le découvrir, les organisateurs ont placé les guichets à une extrémité et les ferries à l'autre. Les Passagers pas informés du scénario, doivent donc faire deux fois le parcours. Bonjour les embouteillages, bonjour le poids à porter pour les piétons qui n'ont tous (ou trop tard) pas vu qu'il existait une navette. En vélo on s'en sort bien. Mieux que dans la chanson de Joe Dassin, ici on dépasse voitures et piétons.
Une fois mon billet récupéré, j'ai même le temps de manger tzatziki et souvlaki dans un bistrot grec situé sur le port, le tout pour 5€.
A 15h30, je suis dans ma cabine. Mon vélo est rangé juste à l'entrée du bateau. Ma cabine est au 9eme étage. Je n'y reste pas longtemps. Je gagne les ponts supérieurs pour profiter du spectacle offert par la ville qui se déploie sur les collines surplombant le bateau.
Mais le spectacle est aussi sur le bateau ou plutôt dedans. L’été, c'est le retour annuel des familles au Pays. Il y a bien sûr des grecs mais aussi de nombreux turcs en provenance d'Allemagne et de France. Beaucoup d'entre eux à des fins d'économie sans doute, n'ont pas pris de cabines et vont donc passer la nuit sur le pont, dans les salles des bars, les escaliers, les paliers. Ils y seront rejoints par de nombreux touristes.
Sacs de couchage, matelas plus ou moins sophistiqués, tentes même se déploient au grand dam des employés de la Compagnie qui voient leur bateau perdre toute dignité. Ils essaient bien de rappeler que tout cela est interdit, mais c'est peine perdue. Devant le nombre et des alliances que l'on verrait bien se reproduire ailleurs, ils renoncent. Les employés se vengeront le lendemain, invitant sans ménagement les dormeurs à se réveiller et nettoyant les ponts à grande eau.
Je partage ma cabine avec un franco-grec qui tout de suite m'invite à dîner. Nous avons rendez-vous à 19h00. Nous sommes rejoints par Dimitri, un grec vivant à Lyon, nettoyant les voitures chez Europcar. Au cours du repas, bien sûr nous avons évoqué les récentes élections grecques. Dimitri croit à la manipulation des résultats. S'il se félicite de la défaite de Tsipras, il ne croit pas au faible score de l'extrême droite dont il est proche. Il en appelle à Cicéron pour souligner que certaines victoires cachent de vraies défaites (la victoire militaire des Romains a occulté la victoire de la civilisation grecque.
Vers 22h00, je quitte mes nouveaux amis pour rejoindre mon lit, sans oublier pourtant de passer par la salle de spectacles où un chanteur solitaire, assisté d'une bande son insupportable, tente de tenir éveillé des familles qui ne cherchent qu'à trouver le sommeil.
6h00 lundi, pas de lever de soleil, les nuages ont envahi le ciel. Sur les ponts tout le monde se réveille. Certains ont bien dormi, d'autres font la tête. Le spectacle est étonnant. Des femmes très déshabillées côtoient d'autres femmes cachées derrière leurs voiles, tandis que les hommes font la queue au bar pour tenter de trouver un petit-déjeuner.
10h30 nous sommes au port, les portes s’ouvrent. A 11h00 je suis dans Igoumenitsa, une autre aventure commence.
/image%2F0062196%2F201207%2Fob_90fddbe0423f7be073b3abf8d4764bb9_velo-au-col.jpg)
/image%2F0062196%2F20190716%2Fob_d9914d_20190713-150318.jpg)
/image%2F0062196%2F20190716%2Fob_a81e3a_20190713-153354.jpg)
/image%2F0062196%2F20190716%2Fob_d8af41_20190713-164422.jpg)
/image%2F0062196%2F20190716%2Fob_1d8c40_20190714-052150.jpg)
/image%2F0062196%2F20190716%2Fob_b4aba4_20190714-054613.jpg)
/image%2F0062196%2F20190716%2Fob_ae5842_20190714-082136.jpg)
/image%2F0062196%2F20190716%2Fob_e51de0_20190714-090138.jpg)
/image%2F0062196%2F20190716%2Fob_a6c9a0_20190714-102445.jpg)