Bienvenue en France
Tous les faits rapportés dans ce billet se sont déroulés dans la journée du vendredi 11 août, j'ai tenté d'en exposer un fidèle compte-rendu.

Vendredi 7h00, la nuit fut bonne. Afin d'organiser au mieux ma matinée, je vérifie l'horaire du train. Je constate qu'il n'est pas fait mention de mon vélo sur le billet. Je décide donc d' aller vérifier à la gare, située à quelques mètres. Les TGV sont des espaces réduits où il n'est pas facile de caser un vélo. Bien m'en a pris.
A la gare, le guichetier n'est pas celui d'hier. Il me conseille dans un 1er temps de voir cela avec le contrôleur qui devrait trouver un arrangement. D'expérience je préfère refuser. Le guichetier procède alors au changement mais m'annonce qu'il y aura nécessairement des frais, autres que le coût du vélo. Je m'en étonne, soulignant l'erreur de la SNCF.

Il me répond "Encore faut-il le prouver? De toute façon c'est comme cela, la machine ne permet pas autre chose". Je m'étonne à nouveau de cette relation particulière à la clientèle, je souligne qu'il pourrait me proposer au moins, de contacter le service commercial, que pendant plusieurs jours en Italie, j'ai voyagé en train, que partout j'ai trouvé des gens disponibles pour faciliter mon voyage. En réponse j'entends "la SNCF est la meilleure au plan de la sécurité, que de toute façon, mon métier à la base n'est pas de vendre des billets...". j'arrête là, j'enverrai un mail au service commercial .
Pour le reste le voyage se passe bien, excepté que dans le TER m'acheminant vers le TGV à Valence, il m'est impossible seul, de suspendre mon vélo dans l'espace approprié. J'arrive comme prévu Gare de Lyon à Paris et sur l'esplanade devant la gare, je décide de prendre une photo de mon vélo.

Soudain une interpellation "Hep vous là, il est interdit de prendre des photos". Je me retourne, regarde autour de moi, c'est à moi que s'adresse un employé vêtu d'une veste uniforme au logo de la société Lancry. " En France il est interdit de prendre en photos les gares, les bâtiments, publics, les parcs, les jardins..".me dit l'employé. Je m'en étonne, souligne que ce n'est pas vrai... Il me répond "C'est ainsi, je connais les règles, je sais ce que je dis...C'est l'état d'urgence."Il a l'air très énervé. J'ai autre chose à faire.Je prends une dernière photo et m'en vais. Heureusement que nous sommes en Démocratie, que l'accès aux armes est encore réglementé, pense-je.

Je reprends ma route à vélo, direction Gare St Lazare via Bastille, avenue de Rivoli, de l'Opéra, la Chaussée d'Antin puis la rue St Lazare. J'emprunte un large couloir de bus permettant une facile cohabitation entre le bus et le vélo. A l'approche d'un passage piéton je ralentis pour céder le passage. J'entends alors derrière moi, le signal sonore de plus en plus pressant d'un bus. Je décide donc de forcer le passage, le bus fait de même, les piétons n'on qu'à bien se tenir. Puis le bus à soufflet continue, me dépasse et me coince ostensiblement contre le trottoir. Je suis obigé de stopper si je ne veux pas être écrasé. Je redémarre et au feu rouge suivant m'approche du bus et frappe à la fenêtre du conducteur. Il ne daigne pas répondre. Je me positionne devant et refuse de démarrer quand le feu passe au vert. Il me regarde enfin et me fait comprendre alors que mon vélo est trop large!!!... On croit rêver.
J'ai un train à prendre, je continue donc. Gare St Lazare sur le quai, il y a sur chaque côté du quai un train, l'un en direction du Havre (un Corail),via Rouen, l'autre un omnibus terminus Rouen. Je demande à l'un des contrôleurs si je peux prendre l'omnibus. il est moins rapide, mais c'est un train moderne plus facile d'accès pour les vélos que les Corails. Il demande à voir mon billet et me dit que c'est impossible sauf un surcoût de 7€ puisque j'ai un e-billet. Les nouveaux outils sont moins souples que les anciens billets...La SNCF nous aide décidément à préférer le train. Je regrette déjà l'Italie et la disponibilité de ses personnels.
Autant "d'agressions" en une seule journée: le fruit du hasard? L'expression d'un syndrome français? Un comportement parano de ma part?...En tout cas, la remise au pas est brutale.
Heureusement...j'arrive enfin à Rouen et remonte vers notre maison située à quelques centaines de mètres. Je pense à Gribouille, le chat que Mathilde nous a laissé quand elle est partie au Cambodge, il y a bientôt 4 ans. Personne ne l'a plus vu depuis un mois maintenant et l'on craint le pire. Véronique a prévenu Mathilde. Elle lui a répondu "Gribouille est parti en vacances, il attend que Papa revienne". J'entre par la porte du garage, pose mon vélo, décroche mes sacoches et ouvre la porte qui donne sur l'escalier du jardin. Il est là assis en haut des marches. Gribouille, le chat de Mathilde!. Il est rentré de vacances. Mieux que dans les livres!...

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